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Mort subite du nourrisson : prévenir ce que l’on ne peut guérir

C’est une tragédie qui touche encore de nos jours près de 500 familles chaque année en France. La MSN (Mort subite du Nourrisson), médicalement appelée ‘Mort Inattendue du Nourrisson’ (MIN) est la principale cause de décès des bébés en bonne santé durant leur première année d’existence mais peut toucher des enfants indemnes de toute pathologie apparente jusqu’à 2 ans. Quelles sont les causes identifiées de MSN ? Comment prévenir et quels gestes respecter afin de limiter les risques de mort subite du nourrisson ?

Des causes diverses mal identifiées

On cherche depuis toujours les causes de cette mort subite du nourrisson que tous les parents redoutent. Coucher un bébé en bonne santé et ne plus jamais pouvoir le réveiller est un traumatisme fulgurant que beaucoup trop de parents ont dû subir. La recherche avance toujours dans la tentative d’identifier les facteurs à risques afin d’attirer la vigilance des parents et pourquoi pas d’éradiquer une fois pour toutes la mort inattendue d’un nourrisson parfaitement viable.

L’apnée et l’étouffement

  • La mort par asphyxie semble être toujours la première cause de mort inattendue du nourrisson notamment lorsque l’étouffement est causé par une mauvaise position de couchage, un couchage encombré ou inadapté à la position et à la musculature de l’enfant.
  • Des difficultés respiratoires dues principalement au tabagisme passif du fœtus in-utero lorsque la mère continue à fumer pendant la grossesse puis du bébé lui-même lorsque l’entourage de l’enfant fume en sa présence. Le tabagisme passif de l’enfant est une cause de faiblesse et d’encombrement pulmonaire pouvant réduire ses facultés respiratoires.
  • L’apnée incontrôlée a longtemps était soupçonnée comme étant la cause principale des cas de mort subite du nourrisson. On pensait alors que le bébé ‘oubliait’ de respirer et mourrait asphyxié. Si ce postulat a été abandonné car les réflexes vitaux agissent toujours dans la mise en œuvre de l’instinct de survie, on se tourne plutôt vers un déficit cardiaque ou cérébral qui empêcherait à un moment la mise en action de la respiration.

Le cœur et le cerveau en question

Ce sont les travaux de l’équipe du professeur Hugues Patural, Chef de service de Réanimation néonatale et pédiatrique au CHU de Saint-Etienne qui recherchent les causes possibles de mort inattendue du nourrisson dans une variabilité cardiaque inadaptée.

Le cerveau de l’enfant cesserait à un moment d’envoyer au cœur les signaux nécessaires à son fonctionnement et aux poumons les commandes de la respiration. Le système nerveux autonome (SNA) qui gère en toute autonomie la fréquence cardiaque et le rythme de la respiration pourrait présenter des défaillances dans son équilibre. Cet équilibre permanent est celui maintenu entre le système nerveux sympathique qui tend à accélérer les processus en cas d’effort et le système nerveux vagal (parasympathique) qui les calme pour le repos. Chez tout nouveau-né il existe une hyper activité vagale établie (la responsable des ‘coups de frein’ dans l’activité de l’enfant) qui ne devient un problème qu’en cas de défaut du système sympathique, l’accélérateur d’activité.

La défaillance du système sympathique semble pouvoir être causée par des pathologies infectieuses (botulisme parfois dû au miel) ou par des bronchiolites d’origine virale. Source Naître et Vivre

La piste de la sérotonine

C’est celle explorée notamment par David Paterson et ses collaborateurs, de l’école de médecine de Harvard, à Boston qui démontrent que la densité de neurones à sérotonine dans le bulbe rachidien est un facteur identifié dans le phénomène de mort subite du nourrisson. Cette avancée côtoie volontiers les précédentes puisque le bulbe rachidien est le centre de contrôle des réflexes vitaux donc cardiaques et respiratoires. Source JAMA

Les garçons plus exposés que les filles

C’est ce qu’il ressort des différentes études, chaque bébé a un potentiel de facteurs à risques auquel se rajoutent des déclencheurs. Parmi les facteurs à risques : le sexe masculin d’abord, les garçons sont beaucoup plus souvent victimes de MSN que les bébés de sexe féminin, mais aussi l’origine ethnique et la prématurité ; parmi les principaux déclencheurs, ce sont d’abord les mauvaises conditions de couchage (près de la moitié des cas de mort subite du nourrisson) puis le tabagisme passif pré et post natal.

Des règles à appliquer

Il est impératif d’appliquer au bébé des règles de couchage simples et évidentes :

  • Un bébé doit toujours être couché sur le dos et jamais sur le ventre ni sur le côté ;
  • Eviter l’hyperthermie en maintenant la chambre à température sans ajouter de couverture, couettes ou édredons ;
  • Ne jamais placer de peluches, de tours de lit, de sur-matelas ou d’oreiller ; un seul doudou adapté à l’âge de l’enfant est suffisant.

C’est grâce à l’application de ces règles simples que le nombre de cas de mort subite du nourrisson a été réduit de plus de 75 % en 20 ans passant de 1 500 par an en 1994 à 400 ou 500 en 2014. Source INSERM

 

 Brigitte C.M

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