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Devenir maman, une évidence ou un parcours ?

Simone de Beauvoir disait que l’on ne naît pas femme mais qu’on le devient. De même ce n’est pas la grossesse qui fait la mère. Si la maternité semble innée pour certaines dès la lecture du test de grossesse, pour d’autres c’est le début d’une aventure pour laquelle elles ne se sentent pas toujours prêtes.

La féminité ne fait pas la mère

Au diable les poncifs de l’instinct maternel inscrit dans les chromosomes ! Une récente étude réalisée auprès de 800 femmes enceintes ou mères d’un bébé de moins de 12 mois vient bouleverser nos concepts archaïques… et rassurer celles qui entament leur maternité sans ressentir le ‘feu sacré’.

Pour neuf sur dix des femmes interrogées, si la maternité a été longtemps désirée et espérée, celle-ci a représenté un tel bouleversement qu’elles ont ressenti quelques désarrois et de fréquents passages à vide. Au final, si on rajoute aux inquiétudes, la pression sociale, les fameux ‘conseils’ de l’entourage, les impératifs professionnels, le baby-blues  et les variations hormonales, c’est la totalité des femmes qui ont avoué voir leur vie complètement bouleversée mais totalement comblée par l’aventure de devenir maman.

Écarter la pression

Dès l’annonce, un bouleversement s’opère dans l’esprit de la femme et ce bouleversement n’est pas suffisamment positivé. C’est une bonne nouvelle et l’accession au statut de génitrice, mais ce sera aussi  vécu comme une entrave et une perte d’autonomie. D’ailleurs, on dit encore ‘tomber enceinte’ comme s’il s’agissait d’une déchéance ou d’un trébuchement alors qu’il faudrait plutôt le rapprocher de ‘tomber amoureuse’ ou ‘tomber en amour’ comme disent nos cousins québécois.   La pression sociale commence presque immédiatement entre les recommandations de l’entourage toujours (trop) attentionné, l’emploi du temps à gérer et à planifier pendant un an au moins et la lecture des articles contradictoires des magazines. Alors que la femme s’attend à échapper aux dictats de la silhouette svelte, il lui faut maintenant affronter ceux de la grossesse idéale pendant laquelle chacun de ses actes aura des conséquences sur son enfant.

Une socialisation désocialisant

Le ventre bien arrondi, la femme enceinte découvre bientôt qu’il n’est plus question d’elle dans la plupart des conversations en sa présence, mais plutôt de son enfant. Porteuse de la merveille, elle n’est plus que l’écrin, elle qui était le bijou qui a conduit aux relations entre amis et dans le couple.  A la maternité puis pendant la première année de l’enfant, souvent la femme perd de sa notion d’individu pour n’être perçue que comme mère du chérubin. Alors que la femme a besoin de se confier et d’être rassurée quant à sa silhouette de dirigeable, ses grains de peau déroutants et sa libido en déroute, elle ne peut se tourner que vers un cercle restreint de confidents. Dans ce cas, puisque le conjoint en subit déjà les dommages collatéraux, c’est à 82% des cas vers leur mère que les femmes enceintes et les nouvelles mères vont chercher un soutien.

Combattre le baby-blues

Il semble presque inévitable puisque près de la moitié des mères interrogées ont déclaré avoir ressenti le fameux baby-blues juste après la naissance ou quelques mois plus tard.  C’est pour en limiter les victimes qu’on déclenche le peau-à-peau mère-enfant dès la naissance, y compris lors d’une césarienne. Lors de naissances prématurées, lorsque le bébé est placé en incubateur, le personnel des maternités fait le nécessaire pour que la mère puisse venir voir l’enfant en néo natalité aussi souvent qu’elle le souhaite selon les soins à apporter au bébé. Lorsque la mère est alitée, dans certaines maternités il est mis en place un équipement de webcam vidéo afin que la maman ressente la présence de son enfant.

Le remède au baby-blues pré ou post natal est aussi dans la déculpabilisation de la femme  quant à ses capacités à devenir mère. La tâche n’est pas insurmontable et il ne faut pas hésiter à confier ses doutes, ses craintes et ses incertitudes. Le bonheur de l’enfant commence par celui du fœtus et pour cela il faut d’abord que sa mère se sente bien.

Source : Enquête IPSOS pour Galla

Brigitte C.M

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