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L’OMS veut offrir à toutes les femmes une expérience positive de la grossesse

C’est le 7 novembre 2016 que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a publié ses recommandations afin d’améliorer la qualité des soins prénatals en vue de réduire le risque de décès et de complications de la grossesse. 49 recommandations pour diminuer le nombre alarmant de mortinaissances (2,6 millions), de décès de nouveaux-nés (2,7 millions) et de 303 000 femmes du fait de leur grossesse. Passer de 4 à 8 consultations prénatales au minimum permettrait selon l’OMS de ramener à 8 sur 1 000 seulement le taux de mortalité infantile. La France aussi est concernée pour offrir des consultations plus fréquentes et de meilleure qualité pour toutes les femmes ; mais pour cela, il faut davantage de personnel de la santé.

Des soins plus fréquents et de meilleure qualité

«Si l’on veut que les femmes aient recours à des services de soins prénatals pendant la grossesse et jusqu’à l’accouchement, ceux-ci doivent être de qualité», affirme le Dr Ian Askew, Directeur du Département Santé reproductive et recherche de l’OMS, ajoutant que «la grossesse doit être une expérience positive pour toutes les femmes, qui doivent bénéficier de soins dans la dignité

L’OMS rappelle que les soins prénatals sont essentiels car ils permettent aux intervenants d’offrir aux femmes enceintes une prise en charge, un soutien et des informations. Parmi celles-ci, les inciter et les informer afin de favoriser l’adoption d’un mode de vie sain, dont une bonne nutrition, de détecter et de prévenir des maladies, mais aussi de donner des conseils en matière de planification familiale et d’aider les femmes éventuellement victimes de violence du partenaire intime.

Suivant le nouveau modèle pour les soins prénatals que publie l’OMS, le nombre de consultations prénatales devrait passer de quatre à huit car les données récentes indiquent que l’augmentation de la fréquence des consultations prénatales où les soignants ont davantage d’occasions de détecter et de prendre en charge d’éventuels problèmes est associée à une probabilité plus faible de survenue de mortinaissances.

A savoir : A l’origine, la mortinaissance qualifie toute venue au monde d’un enfant mort-né ; mais on qualifie désormais de mortinaissance l’expulsion d’un fœtus mort après 22 semaines de gestation et/ou d’un poids de 500 grammes lorsque l’âge du fœtus est inconnu. Avant la 22ème semaine de grossesse, les termes de mortinaissance et de mortinatalité ne sont pas employés et on traite plutôt d’avortement ou de fausse couche.

Les préconisations édictées dans les recommandations sont d’une première consultation avant la 12ème semaine de grossesse, suivies de 7 autres aux 20ème, 26ème, 30ème, 34ème, 36ème, 38ème, et 40ème semaines afin de détecter des problèmes, d’améliorer la communication entre les prestataires de soins et les femmes enceintes et pour accroître encore la probabilité que la grossesse connaisse une issue positive.

Concernant la mise en œuvre des soins prénatals, chaque pays détient toute latitude pour adapter ces recommandations à son système de santé. C’est à dire que, suivant les pays, les soins prénatals peuvent être prodigués par des sages-femmes ou d’autres soignants que ce soit dans des établissements de santé ou des services communautaires de proximité (où l’on reparle des maisons de naissance…), l’important est que ces consultations prénatales s’accompagnent d’une prise en charge et d’un soutien tout au long de la grossesse.

Renforcer les effectifs en professionnels de la santé pour atteindre ces objectifs

Rappelons que la ‘Commission de haut niveau des Nations Unies sur l’emploi dans le secteur de la santé et la croissance économique’ avait récemment conclu qu’il faut investir dans les personnels de santé pour progresser sur la voie des objectifs de développement durable et obtenir des avancées en matière de santé, de sécurité mondiale et de croissance économique inclusive.

Dans le rapport final de cette réunion présidée conjointement par la France et l’Afrique du Sud, elle a fait 10 recommandations pour obtenir ces progrès : en engageant dans l’emploi en santé des investissements appropriés qui soient propres à stimuler les économies, favoriser l’instauration de la couverture sanitaire universelle dans les pays et servir de remparts contre des flambées épidémiques telles qu’Ebola.

D’ici la fin de l’année 2016, un plan quinquennal destiné à mettre en œuvre ces 10 recommandations devrait être élaboré par toutes les parties concernées sous l’égide des vice-présidents de la Commission de haut niveau des Nations Unies sur l’emploi dans le secteur de la santé et la croissance économique. Les vice-présidents de cette commission appartiennent à l’OMS, à l’Organisation internationale du travail (OIT) et à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Sources : C.P OMS et OMS/OCDE/OIT

Brigitte C.M

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