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Lessives et produits d’hygiène de la femme enceinte et du bébé

Bien évidemment à notre époque où l’hygiène fait partie de nos habitudes de vie, le manque est moins flagrant que 3 ou 4 générations plus tôt. Et pourtant, malgré nos salles de bains modernes et la profusion des produits à notre disposition, de nouvelles habitudes et pratiques sont à adopter ou à modifier dès lors que l’on est enceinte et encore plus lorsque l’enfant paraît. Qualité de l’air intérieur, fibres textiles, produits de beauté de soins et d’hygiène méritent toute notre attention car ce que respire, touche et côtoie la femme enceinte peut avoir des incidences sur ce que reçoit le fœtus puis l’enfant. Il en est de même pour les lessives et agents de nettoyage des tissus.

La qualité de l’air avant tout !

Alors que les restrictions de circulation se mettent en place dans nos villes et que les vignettes pollution apparaissent sur nos véhicules, on a tendance à penser que la menace sur la qualité de l’air que l’on respire est principalement à l’extérieur de nos locaux. Que nenni, la qualité de l’air qui devait être une grande cause nationale en 2017 et le sera sûrement bientôt est celle à l’intérieur de nos lieux de travail et de repos, il s’agit de la Qualité de l’Air Intérieur (ou QAI).

Car l’air que nous respirons à l’intérieur des locaux de travail et d’habitation influe bien plus sur notre santé que celui que nous respirons dans la rue à moins de passer sa vie dans la circulation.

Nous passons près de 90 % de notre temps dans des lieux clos (logement, école, locaux de travail, restaurant…) et même si des aérations et des ventilations y sont obligatoires, les émissions polluantes y sont nombreuses : peintures, colles des meubles et revêtements, produits d’entretien, matériaux de construction sont des émetteurs de COV (Composés Organiques Volatils), benzène, toluène, etc. Si on y ajoute le CO2 émis par la combustion des appareils de chauffage et la respiration humaine puis le radon (gaz radioactif naturel émis par le sol), la quantité de polluants à l’intérieur de nos bâtiments est une agression d’autant plus pernicieuse qu’elle est permanente ou presque.

Des produits d’hygiène trop agressifs

Trop de solvants, d’antiseptiques et de composés agressent le microbiote, notre environnement microbien direct, qui est constitué de dix fois plus de bactéries que nous n’avons de cellules dans tout notre corps.

Ce microbiote module et régule notre immunité (donc celle de notre enfant), lui apprend des leçons de tolérance et de défense. Utiliser des produits d’hygiène trop agressifs, des antiseptiques et des antibiotiques peut à force nous fragiliser en inhibant nos défenses et ainsi permettre le développement de sensibilisations débouchant parfois sur des allergies aussi bien cutanées, qu’alimentaires ou respiratoires et même de l’asthme. De nos jours, dans les pays industrialisés, 25 à 30 % de la population est concernée par diverses maladies allergiques dont l’asthme présent chez 10 % des garçons et 6 % des filles actuellement âgés de moins de 15 ans.

A savoir : Dans une étude prospective longitudinale d’une cohorte de plus de 4000 enfants nés en 1983 en Suède, les auteurs montrent qu’un traitement antibiotique reçu par ces enfants pendant leur première semaine de vie augmente le risque de rhinite allergique à l’âge de 8 ans. Source : Pediatr Allergy Immunol 2014 : 25 : 468–472 Alm B, Goksör E, Pettersson R, Möllborg P, Erdes L, Loid P, Åberg N, Wennergren G.

Si les produits d’hygiène, de toilette et de beauté pour les femmes sont parfois bien trop ‘chargés’ en allergènes, malheureusement, ceux pour les bébés ne sont pas épargnés non plus malgré des mentions non vérifiables car non normées.

Lors d’une enquête spectaculaire l’UFC Que Choisir avait ainsi dénoncé le manque d’encadrement en remarquant la présence de ‘composés ‘préocupants’ dans 185 cosmétiques courants et signalé « Ainsi malgré la mention ‘hypoallergénique’ figurant sur le lait de toilette ‘Mots d’enfants’ de Leclerc, la ‘Crème pour le change’ des bébés de ‘Corine de Farme’ ou encore sur les nettoyants féminins ‘Physélia Intimate’, nous avons relevé la présence dans ces produits de MIT un conservateur auquel des dermatologues ont décerné en 2013 la palme peu enviable de l’allergène de l’année». De plus, « 8 lingettes spécifiques pour bébé contiennent du phenoxyethanol un conservateur toxique pour le foie et le sang » selon la même étude.

Les vêtements et leur entretien sont également à surveiller

Dès lors que l’on est enceinte, le choix de vêtements adaptés à la grossesse est obligatoire. Il faut abriter le ventre mais aussi le supporter et soulager le dos et la poitrine. A ce titre, les concepteurs de vêtements de grossesse font des prouesses pour mettre à l’aise les futures mamans tout en les rendant élégantes. Toutefois, il faut aussi un minimum de précautions avant de se lancer dans l’achat de vêtements pour femmes enceintes. A cet égard, un article de Balloon Paris rappelle quelle vigilance apporter au choix de ses vêtements et sous-vêtements de grossesse notamment en termes de fibres mais aussi de traitements dont les colorants employés, ceux autorisés ou totalement interdits.

A savoir : Il n’y a pas que les vêtements et sous-vêtements à surveiller pour la santé et le bien-être des femmes enceintes, des mamans, bébés et enfants. La plupart des articles de literie, les serviettes de toilettes, les postiches, perruques, chapeaux, couches et autres articles d’hygiène ou sacs de couchage, les chaussures, les gants, bracelets de montre, sacs à main, porte-monnaie/portefeuilles, porte-documents, dessus de chaises, porte-monnaie portés au cou, ainsi que les jouets sont eux-aussi soumis à des normes et labels dont il faut s’assurer de la présence avant de les faire entrer chez soi ou de les faire côtoyer une femme enceinte ou un bébé .

Au sujet de l’entretien des vêtements, linges et textiles que l’on fait entrer dans la maison et encore plus lorsqu’ils entrent en contact avec la peau (et la bouche) des bébés et des enfants, leur entretien est un sujet primordial.

Tout d’abord, il faut savoir que les bébés et les plus jeunes enfants n’ont pas encore la capacité de se défendre comme des adultes contre les agressions organiques et chimiques. La lessive que l’on n’hésite pas à espacer pour nos vêtements doit être quotidienne pour un nourrisson car sa peau ne peut lutter contre la prolifération bactérienne issue de morve, salive, transpiration macérant.

Le choix des agents lavants n’a que peu d’importance du moment qu’ils ne sont pas trop nombreux (azurants optiques, préservateurs de couleurs, agents blanchissants…), qu’on ne surdose jamais et que les rinçages soient nombreux et efficaces.

En l’absence de confiance aveugle à accorder aux mentions ‘hypoallergénique’ ou ‘testé dermatologiquement’et aux différents ‘auto-labels’ que s’accordent certains fabricants, on privilégie les lessives et savons doux plutôt que les (soi-disant) plus efficaces; on lave le linge de bébé à 60 ° C au moins et 90 ° C au mieux sans rinçage à l’eau de javel et on n’hésite pas à bannir l’assouplissant parfumé chimiquement au profit d’un séchage au grand air ou au sèche-linge qui fait gonfler la fibre du tissu.

A savoir : Attention aux vêtements qui réclament le nettoyage à sec. Le perchloroéthylène (ou perchloréthylène ou tétrachloroéthylène) est un solvant employé encore pour le nettoyage à sec. Or, il est toxique pour l’animal et l’homme : en cas d’exposition répétée, il peut provoquer une dépression du système nerveux central (entraînant maux de tête, pertes de conscience, détresse respiratoire et troubles cardiovasculaires). Les vapeurs de perchloroéthylène provoquent également des irritations, des nausées  et des vertiges. Ce solvant est réputé comme toxique pour les reins et nocif notamment pour les femmes enceintes car il passe la barrière du placenta et peut atteindre le fœtus et ainsi provoquer des malformations fœtales. Les machines des pressings fonctionnant au PER ayant plus de 15 ans sont interdites depuis 2014 quant à toutes les autres, elles seront interdites à partir de janvier 2018 (si elles ne répondent pas à la norme NF) et au plus tard en 2022 même si elles répondent à la norme. Source Arrêté du 5 décembre 2012 … relative à l’utilisation de solvants pour le nettoyage à sec et le traitement des textiles ou des vêtements.


Brigitte C.M

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