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L’eau durant la grossesse

L’eau est indispensable à la vie, mais l’eau que nous buvions sans trop de craintes avant la grossesse peut ne pas être adaptée au fœtus. Réputée potable, l’eau du robinet peut toutefois être trop ou pas assez chargée en minéraux, trop dure ou trop douce pour la peau sensible de la femme enceinte et même véhiculer des métaux lourds, des bactéries et des polluants. Quant à l’eau en bouteille, il faut faire la distinction entre eau de source et eau minérale puis choisir selon sa composition la mieux adaptée durant la grossesse. Combien et quelle eau boire quand on est enceinte ?

L’eau du robinet

En France l’eau que l’on puise au robinet est l’aliment dont la qualité est la plus contrôlée. L’eau distribuée au compteur est réputée ‘potable’ ce qui signifie qu’elle est généralement adaptée à la consommation humaine mais pas forcément de la qualité exigée pour les nourrissons et les femmes enceintes.

Les limites de qualité selon lesquelles une eau est propre ou impropre à la consommation humaine peuvent être franchies notamment quant à la présence dans l’eau de polluants chimiques. Dans ce cas, même si des mesures doivent être prises sans tarder par le maire de la commune et la PRPDE (Personne Responsable de la Ressource et de la Distribution en Eau) il existe des dérogations pour pouvoir distribuer tout de même aux consommateurs une eau ‘polluée’.

Il est à noter que la dérogation permettant cette distribution peut s’étendre sur 3 ans jusqu’au retour à la qualité exigée de l’eau et que cette dérogation peut être renouvelable 2 fois (ce qui fait 9 ans) ‘sous conditions’ (Arrêté du 25 novembre 2003 relatif aux modalités de demande de dérogation pris en application des articles R. 1321-31 à R. 1321-36 du code de la santé publique).

A savoir : Les dérogations à la qualité de l’eau ne sont pas rares, en septembre 2012 on comptait 350 communes concernées par de telles dérogations. Ces dérogations concernent majoritairement des dépassements des limites de qualité pour les nitrates et les pesticides. Source : social-sante.gouv.fr

Si chacune peut obtenir auprès du maire de sa commune le rapport de la qualité de l’eau du robinet ou le consulter sur internet ; en déplacement, chez des amis ou au restaurant qui va s’en soucier comme préalable à un verre en terrasse, un thé au bureau ou un repas ? Alors bien souvent, on oublie ou on néglige le risque avec parfois le recours plutôt à une eau en bouteille qu’une carafe d’eau du robinet.

Quelle eau est en bouteilles ?

Comme l’eau du robinet qui est à 62 % d’origine souterraine (38 % issue de puisage dans les lacs et rivières), les eaux en bouteilles sont majoritairement puisées ou captées en sous-sol. La réglementation en France distingue deux grandes catégories d’eaux en bouteilles : les eaux de source et les eaux minérales.

Les eaux de source sont soumises aux mêmes impératifs, contrôles et limites de qualité sanitaires que l’eau du robinet sauf qu’elles ne doivent subir aucun des traitements de désinfection que l’on applique à l’eau du réseau. Une étiquette sur la bouteille doit indiquer l’analyse physico-chimique de cette eau mais aussi l’origine de la source. Il est à noter qu’une même marque d’eau peut distribuer des bouteilles dont l’eau est issue de sources différentes et que même en faisant confiance à une source plutôt qu’à une autre, la teneur d’une eau de source peut varier avec le temps. Il faut donc bien lire à chaque fois l’étiquette de la bouteille que l’on achète plutôt que de faire confiance toute l’année à une source ou tout le temps à une marque.

Les eaux minérales ne sont pas soumises aux critères et limites de qualité que l’on exige (sauf dérogation…) de l’eau du robinet. En d’autres termes, une eau minérale n’est pas toujours ‘potable’ au sens de la réglementation qui s’applique à la distribution en eau. Une eau minérale ne peut être désinfectée, mais elle peut recevoir des traitements notamment sur la teneur en fer, en manganèse et en fluor. Or les écarts et excès de minéralisation (calcium, magnésium, fluor, sodium, sulfates…) ne sont pas forcément adaptés à la santé en usage quotidien et notamment à celle des femmes enceintes et des bébés.

A savoir : Alors que la teneur maximale en fluor de l’eau potable au robinet est fixée à 1,5 mg/l, une eau minérale peut en contenir jusqu’à plus de 3 fois plus, soit 5 mg/l. La dose quotidienne de fluor à ne pas dépasser serait de 1 mg par jour pour un enfant et de 4 mg par jour pour un adulte. Voir à ce sujet l’édifiante enquête diffusée sur France 5.

Adoucir ou filtrer l’eau du robinet ?

Pour la toilette de la maman et du bébé, il est préférable d’avoir chez soi une eau à la dureté modérée. La dureté étant la concentration en minéraux (calcium et magnésium) dans l’eau.

Trop chargée donc dite ‘dure’, l’eau agresse la peau qui tiraille et se dessèche notamment après la douche et le bain ; alors que trop douce, l’eau est corrosive et dégrade les canalisations métalliques et les robinets qui s’oxydent et libèrent des métaux parfaitement indésirables dans l’eau de boisson.

De même pour l’entretien du linge et des vêtements de grossesse, une eau trop dure ou trop douce n’est pas aussi efficace au lavage et au rinçage qu’une eau de dureté modérée. Les adoucisseurs d’eau, osmoseur et appareils de traitement de l’eau sont à employer avec prudence tout comme les différents appareils de nanofiltration dont l’usage peut être inefficace et même désastreux.

A savoir : Le magazine Que Choisir a fait réaliser des tests de carafes filtrantes qui ont révélé qu’au domicile de leurs utilisateurs, l’eau filtrée en sortie de carafe était dégradée par rapport aux critères de qualité de l’eau distribuée avant sa filtration.

Les besoins en eau et les dangers de l’eau pour la femme enceinte

En temps normal déjà tout être humain a un besoin en eau qu’il assouvit en buvant d’abord puis au travers des aliments qu’il consomme. Les besoins en eau de la femme enceinte sont encore plus importants pour elle d’abord afin d’éviter ou de limiter les maux de la grossesse (constipation, crampes, infections urinaires…) puis pour l’enfant qu’elle porte (en fin de terme les besoins en eau du fœtus sont supérieurs à ses besoins en oxygène!).

Durant sa grossesse la femme enceinte devrait surveiller sa consommation en eau afin d’en ingérer 1 litre et demi à 2 litres par jour que ce soit en buvant ou en cumulant l’eau de boisson (1 litre au moins) avec celle contenue dans les aliments et notamment ceux riches en eau (600 g de fruits, salade verte et certains légumes apportent jusqu’à 500 ml d’eau).

La qualité de l’eau de boisson doit être plus particulièrement surveillée. Pour l’eau du robinet, sa teneur en nitrate doit rester en-dessous du seuil de 50 mg/l et il est recommandé de vérifier si cette eau n’est pas polluée (dérogation à la qualité). Les eaux en bouteilles quant à elles doivent être relativement peu minéralisées (taux de résidus secs < 500 mg/l) et peuvent répondre à certains objectifs d’apports ponctuels (magnésium et calcium notamment) mais avec prudence notamment pour le fluor. Dans tous les cas, n’hésitez pas à demander l’avis de plusieurs médecins, obstétriciens et pédiatres.

Brigitte C.M

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