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La couvade : le développement de syndromes de grossesse chez l’homme

On en rit souvent, on le déplore parfois, mais le phénomène de ‘couvade’ n’est pas une légende. Des études ont relevé l’émergence avérée de ces symptômes comparables à ceux d’une grossesse chez l’homme vivant avec une femme enceinte et subissant des désagréments identiques : maux divers, nausées, fatigue chronique… Appelée souvent ‘couvade’, la grossesse sympathique est un phénomène mondial apparaissant surtout dans les pays industrialisés et que les scientifiques ont confirmé et analysé.

Entre un quart et la moitié des hommes atteints de couvade

Quelques études ont relevé qu’entre un quart et la moitié des hommes vivant avec leur compagne enceinte ont développé les symptômes de la grossesse sympathique ou couvade. Les pourcentages varient selon les pays, plus de 11% en Grande-Bretagne, 20% environ en Suède et jusqu’à plus de 61% en Thaïlande avec des manifestations diverses des symptômes allant des plus légers jusqu’aux plus handicapants. Leur point commun étant leur apparition durant le premier trimestre de la grossesse de la femme, leur atténuation au second trimestre pour réapparaitre au troisième trimestre de la grossesse et disparaître (ou pas) après la naissance de l’enfant.

Les troubles classiques d’une grossesse

En fait, seuls quelques désagréments liés à la grossesse sont épargnés aux hommes développant une couvade. Les études ont mis en évidence des manifestations mimétiques en-dehors de toute pathologie ou de toute atteinte mentale : maux de dents, douleurs dorsales et abdominales, ballonnements, léthargies, nausées, aversions et envies alimentaires ; mais aussi des syndromes psychologiques : anxiété, insomnies, distraction, manque de concentration, perte de mémoire (syndrome du neurone unique) et même de dépression postnatale (baby-blues). Au Royaume-Uni, un tiers des hommes atteints de couvade ont vu leurs symptômes disparaître juste avant l’accouchement alors qu’un peu plus de 20% les ont subis encore après la naissance de l’enfant.

La part féminine de l’homme

Bien sûr, les mêmes effets étant bien souvent liés aux mêmes causes, c’est une modification hormonale qui est la cause de l’apparition des symptômes d’une pseudocyedis (grossesse nerveuse). Par mimétisme, identification empathique, avec sa compagne enceinte ou désir inconscient de porter la vie, l’homme se met notamment à produire durant les premier et troisième trimestres de la grossesse de sa compagne davantage d’ocytocine, de prolactine et d’œstrogènes alors qu’il réduit sa production de testostérone et de cortisol (l’hormone du stress). Au résultat, la couvade permet à l’homme de laisser s’épanouir la part féminine de sa personnalité ce qui se traduit bien souvent au fait que le père se sente un nouvel homme, plus épanoui et davantage accompli que le jeune mâle qu’il était jadis.

L’effet bénéfique de la couvade

Alors, si la grossesse sympathique amène son lot de nuisances désagréables au futur papa, y compris le fait de devenir un sujet de moquerie de son entourage, le bénéfice est avéré à terme.

La gestation de sa compagne est une période psychologiquement délicate pour l’homme qui va devenir père. Il lui faut abandonner le schéma du couple à deux qu’il a participé à bâtir pour se projeter dans l’inconnu d’un couple à trois. La vue du ventre qui s’arrondit manifeste l’imminence d’une échéance à laquelle il n’a pas eu le temps de se préparer.

Pendant que la femme enceinte sent son corps se modifier pour développer l’embryon qu’elle porte, son psychisme évolue au rythme des modifications hormonales et physiques afin de lui prodiguer une sorte de préparation psychologique à laquelle l’homme n’a pas eu droit. En développant ces manifestations de couvade, l’homme se trouve atteint de troubles similaires à ceux d’une grossesse ce qui lui permet de ‘vivre’ la maternité dans son corps et ainsi d’avancer avec des repères manifestes vers la naissance de l’enfant et donc d’incarner sa fonction de père. On note d’ailleurs que la fréquence des grossesses sympathiques au sein de la population masculine augmente en parallèle avec le taux de participation aux préparations prénatales.

Source : The Washington Post

Ne vous moquez plus des hommes qui ‘couvent’, au contraire, compatissez à leurs souffrances et accueillez-les comme des hommes impliqués au maximum dans votre grossesse et la naissance de l’enfant.

Brigitte C.M

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