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Grossesse et peur du handicap

Au moment où l’on apprend que l‘on est enceinte, notre être se remplit d’une joie immense, mais passée l’émotion, naît également une peur pour l’avenir de l’être qui grandit en nous. Comment faire au mieux ? Comment être mère ? Comment donner naissance au plus beau des bébés en parfaite santé ? Pourtant, une question taraude : Et si mon bébé naissait handicapé ? Bien avant nous, beaucoup de parents se sont posé cette question sans pouvoir se confier à leur entourage et encore moins à leur conjoint(e). Car la peur de mettre au monde un enfant handicapé n’est pas que l’’apanage’ des femmes…Qu’en est-il de ces peurs… Comment les vit-on ? A quelle réalité faut-il se confronter en toute connaissance ?

 L’état des lieux et la surveillance

En 2004, l’Office Parlementaire d’Evaluation des Politiques de Santé (OPEPS : dépendant à la fois de l’Assemblée Nationale et du Sénat) présentait un rapport sur la prévention des handicaps de l’enfant : il estimait qu’1% des enfants qui naissent chaque année en France soit 7 500 enfants par an étaient atteints d’un handicap lourd. A ce chiffre, il convient de rajouter 7 500 naissances d’enfants atteints d’un handicap léger ; soit 15 000 enfants naissant avec un handicap.

A la suite de ce constat, l’INSERM (Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale) a mené une étude sur les causes du handicap à la naissance de l’enfant.

Les conclusions de cette étude mettent en évidence deux éléments d’analyses :

1. Un accroissement régulier de la prématurité depuis les années 1980 : 5,9% en 1995; 6,8% en 1998…

  1. Une évolution de la prévalence des handicaps tenant à la baisse continue de la mortalité néonatale.

A savoir : La prématurité concerne environ 7 % des naissances en France, un chiffre en augmentation de près de 15 % en quinze ans. Ainsi ce sont aujourd’hui près de 60 000 enfants qui chaque année doivent faire l’objet d’un suivi particulièrement attentif non seulement à la naissance mais durant de longs mois. Source JO Sénat du 10/10/2013

 A ce jour, on estime que 20 à 35% des déficiences sévères de l’enfant sont d’origine prénatale (anomalies génétiques notamment), que 5 à 10% d’entre elles résultent de circonstances post-néonatales (traumatismes durant la grossesse), et donc que 55 à 75 % pourraient trouver leur origine dans la période périnatale (entre la 28e semaine d’aménorrhée et le 8e jour suivant la naissance).

C’est donc durant cette période périnatale que survient le maximum de risques de handicap pour l’enfant et l’OPEPS propose donc un dépistage et un suivi accru aux alentours de cette période périnatale depuis la vingt-deuxième semaine d’aménorrhée (disparition des règles) jusqu’au vingt-huitième jour après la naissance de l’enfant.

Les facteurs des risques du handicap à la naissance

Deux principales catégories de risques de donner naissance à un enfant handicapé ont été mises en évidence. La première est liée à la survenance et au déroulement de la grossesse. L’élévation de l’âge de la mère et l’accroissement des naissances d’enfants prématurés sont les facteurs prédominants dans l’augmentation du nombre de naissances d’enfants malformés et/ou à haut risque de séquelles. La seconde catégorie est liée à l’existence de comportements à risques ou aux conditions de vie pendant la grossesse. Si l’alcool, le tabac et la consommation de cocaïne comme pratiques addictives sont notoirement préjudiciables, d’autres risques sont liés à l’exposition au plomb et la présence de dioxines dans l’alimentation ; mais le stress maternel constitue lui-aussi un des facteurs de risque d’apparition de lésions cérébrales acquises par l’enfant en période périnatale.

S’informer pour mieux vivre sa grossesse

Si le pourcentage d’enfants handicapés n’atteint que 1% des naissances annuelles, il est tout à fait naturel et normal de se poser la question du handicap dès que l’on apprend sa grossesse, mais certains examens et dépistages sont systématiques ou prescrits en fonction du risque (échographie, tests biologiques…).

Alors, limitez les craintes et le stress : Les médecins qui vous suivent sont à votre écoute pour dépister toute grossesse à risque et vous diriger vers des spécialistes si nécessaire. En cas de doute ou de crainte, ne vous enfermez pas dans le silence et parlez-en ; le sujet n’est pas tabou, il est légitime.

L’important est de ne pas rester avec des pensées noires et du stress inutile à votre bien-être et à celui de votre bébé à naître.

 A savoir : En raison de son système social et de sa politique de dépistage très développée La France détient le record mondial de diagnostic anténatal ! Ces résultats sont dus à une prise en charge renforcée des risques d’accouchements prématurés en permettant le transfert des mères en risque sévère avant la naissance vers des établissements hospitaliers adéquats (centre hospitalier de niveau 3 possédant un service de néonatologie, de réanimation pédiatrique et néonatale pour le suivi et l’accompagnement adapté des grands prématurés) ainsi qu’à l’amélioration des techniques de dépistage tendant à diminuer la survenance de handicaps périnatals via le dépistage anténatal de malformations congénitales et les progrès dans le pronostic neurologique des populations à haut risque de handicaps (enfants grands prématurés.)

L’accent est mis sur la cohérence d’un réseau de maternité disposant d’un service de réanimation néonatale.

Brigitte C.M

 

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