Suivez nous sur :

Don de lait maternel : Solidaire ou dangereux ?

Le don de lait maternel est une pratique courante depuis des siècles, mais les risques ont toujours été présents. Afin de protéger la santé de nos nourrissons, des règles de bonne pratique ont été édictées et sont encadrées par la législation. A l’heure où des pages de réseaux sociaux promeuvent l’aspect solidaire du don de lait, il est important de rappeler les règles du don de lait maternel.

Louer les seins d’une nourrice

L’allaitement pour autrui, qui était jadis le rôle dévolu aux nourrices traditionnellement bourguignonnes et bretonnes, est interdit par le législateur donc illégal. En vertu de l’article 16-1 du Code Civil qui établit que « Le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire l’objet d’un droit patrimonial » la violation de ce principe est passible d’une peine allant jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende ; surtout lorsqu’il s’agit de surcroît d’une transaction violant les principes d’anonymat du donneur et de gratuité du don  gratuité (articles L. 1211-4 & L1211-6 du code de la santé publique).

Dans le cadre du don, le lait maternel est donc associé au sang, aux organes et au patrimoine génétique en général. Il doit rester anonyme, gratuit, et surtout sécurisé.

Les risques du don de lait non encadré

Que ce soit par allaitement direct, et encore plus lorsqu’il y a tire-lait, conditionnement et transport, le don de lait maternel est générateur de risques graves pour la santé du nourrisson.

Dans un communiqué de presse en date du 29 avril 2011, l’AFSSAPS  (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) rappelle que le don de lait maternel non encadré par des contrôles microbiologiques et sérologiques présente des risques graves pour l’enfant.

Des bactéries et virus issus ou développés durant le conditionnement et le transport dans un don de lait maternel non contrôlé peuvent causer le VIH, le virus T-lymphotrophique, la rubéole, des hépatites, des septicémies et des méningites, entre autres…

En outre, le lait maternel issu d’un don étant considéré comme un médicament tout comme le sang, les organes et le patrimoine génétique, il ne peut être administré que sur prescription médicale.

La bonne pratique en matière de don de lait

Le législateur a bien pris en compte les besoins croisés de donner son lait maternel pour les mères et d’en recevoir pour les enfants. C’est pourquoi, la pratique de don du lait maternel  non seulement est autorisée mais de plus, elle est sécurisée et encadrée afin de limiter les risques sanitaires, et encouragée par la mise en place d’un réseau.

L’article L2323-1 du Code de la santé publique précise que seuls les lactariums agréés sont autorisés à « la collecte, la préparation, la qualification, le traitement, la conservation, la distribution et la délivrance sur prescription médicale du lait maternel ».

Si les Agences Régionales  de Santé (ARS) tiennent à jour la liste des lactariums régionaux, il existe également l’Association des Lactariums de France (ADLF) qui met en ligne une carte avec les coordonnées des lactariums agréés.

Grâce à ce réseau de lactariums, le don de lait maternel est un geste simple, solidaire et sûr. Il suffit de disposer d’un congélateur puisque tire-lait et biberons stérilisés sont fournis par le lactarium qui, en plus, vient chercher les prélèvements à domicile.

Mon conseil : N’hésitez pas à lire le communiqué de presse de l’AFSSAPS qui mettait en garde contre la page Facebook d’une communauté (qui change sans cesse le nom de sa page) prônant la solidarité du don de lait ‘sauvage’…

Brigitte C.M

 

Partager.