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Conception, enfantement et grossesse, un besoin ou un désir ?

Une question qui divise parce qu’elle est très personnelle : Conçoit-on un enfant par besoin physiologique ou par désir de parentalité ? Entre cerveau reptilien, besoin de procréation, hormones et volonté d’élever un enfant, qu’est-ce-qui nous pousse au fond à vouloir aussi fort donner la vie à un être ? Maternité, paternité, besoin viscéral de se reproduire ? La conception est-elle une ode à la vie, une matérialisation de fantasmes ou un besoin inné ancré dans notre incarnation ? Des raisons multiples entre lesquelles il est bon de discerner les siennes.

Entre besoin et désir ?

Qui peut répondre en toute honnêteté à une telle question ? Qui peut avoir le recul suffisant pour oser affirmer que son désir n’est pas en partie animé par un besoin ? « Le cœur a ses raisons que la raison ignore » écrivait Pascal. Et même si ce n’était pas sur ce sujet de la maternité ou du besoin d’enfant, cette phrase fait source à la réflexion qui devrait animer chacun de nos désirs.

Pourquoi, veux-je cela ? Où se situe le moteur de mon désir ?

Bien souvent, sans être analyste ou psychologue, on peut par soi-même identifier pourquoi une action (y compris l’enfantement) peut être l’objet de notre désir ou au contraire nous détourner de ce qui fait vibrer tant d’autres personnes somme-toute pas très différentes de nous.

Un désir se base toujours un tant soit peu sur un besoin. C’est pour cette raison par exemple que l’on déconseille aux personnes surveillant leur poids et/ou leur budget de faire leurs courses avant les repas. Les marketeurs le savent bien, on a davantage tendance à acheter des aliments quand on a faim que lorsqu’on est repu.

Si la faim, qui est la manifestation d’un besoin naturel d’alimentation, peut être un moteur puissant du désir d’acheter à manger, alors est-ce que tous nos désirs (y compris affectifs, sexuels et sentimentaux) ne sont-ils pas justifiés à la base ou fortement renforcés par un besoin ?

Le besoin d’enfanter

Il est indéniable que dans le désir d’enfant existe une dimension biologique.

En tant qu’animaux et êtres vivants, nous avons en nous des instincts dont celui de survie et celui de la reproduction. De nombreuses espèces animales mais aussi végétales ne semblent n’exister que pour se reproduire et perpétrer ainsi la survie de leur espèce. Renier cette dimension biologique du besoin inné de procréation reviendrait à renier celui d’instinct de survie individuel de l’être mais aussi collectif de l’espèce.

Autant chez une femme que chez un homme, ce besoin viscéral de se reproduire peut, jusqu’à ce qu’il soit satisfait, entraîner de véritables phénomènes de manque et de frustration.

Sous l’appellation d’un désir personnel et intime (donc du domaine si privé qu’il est difficilement explicable et communicable) se cache, au moins en partie, l’expression naturelle de combinaisons physico-chimiques communes à la totalité des espèces.

Le désir d’enfant

Outre un aspect strictement biologique (qui échappe donc à la raison), ce désir d’enfant ou d’enfantement est aussi motivé par d’autres notamment psychologiques et sociétaux (du cœur)

L’accomplissement de la féminité semble dans la plupart des sociétés ne passer que par la maternité. Nos monarques et nobliaux durant un temps ne considéraient leur épousée comme digne de porter leur titre que celle qui avait enfanté. Au Moyen Age (et encore dans quelques sociétés moyenâgeuses), l’infertilité de la femme est une cause de divorce ou de cessation de l’union (pourtant présumée ‘sacrée’).

De nos jours, la grande majorité des couples ayant évolué, ce n’est plus au sein de celui-ci que la femme pas-encore-mère manque de considération, mais dans sa vie de tous les jours, entre copines-mamans notamment qui s’échangent des histoires de grossesse, d’accouchement, d’épisiotomie, d’allaitement et dont les propos sont toujours ponctués par la prise de ‘nouvelles des enfants’.

Entre besoin et désir, l’analyse utile

Sans vouloir se cacher la face et répudier notre base animale, le besoin viscéral d’enfant existe ; mais socialement et aussi psychologiquement, parce que nous sommes des êtres sensibles nous avons d’autres besoins et envies qui sont nés au cours de notre évolution en tant qu’être.

Envie de donner ce que l’on a pas reçu soi-même étant enfant, égaler l’image du père ou de la mère en devenant père ou mère à son tour (mais en mieux bien sûr), compenser un déficit affectif… les facteurs psychologiques à l’origine du désir d’enfant sont nombreux, mais toujours multiples et parfois si puissants qu’ils peuvent pousser à des extrémités.

Adoption, PMA (procréation médicalement assistée), mère-porteuse, congélation d’ovocyte…sont des actes (légaux pour certains, illégaux en France pour d’autres) qui montrent bien que quel que soit le moteur du désir d’enfant et/ou du besoin d’enfanter celui-ci est puissant (le vol de nourrisson par des femmes en mal d’enfant en est un exemple malheureusement pas si rare).

Analyser sa motivation personnelle mais aussi celle du couple (quand couple il y a) avant la conception ou pendant la grossesse est une bonne initiative qui permet d’aborder avec sérénité les désagréments de la grossesse et de limiter l’émergence des fantasmes d’enfantement causes de nombreuses dépressions post-partum.

Brigitte C.M

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