Suivez nous sur :

Automédication, médicaments et grossesse

Une des postures à adopter dès lors que l’on est enceinte est de considérer que rien n’est anodin pour l’embryon, le fœtus et l’enfant. Si nous sommes sensibilisées aux effets de la cigarette et de l’alcool, même avant d’être enceinte, les contre-indications médicamenteuses sont à apprendre et à conserver à l’esprit tout au long de la grossesse et même après la naissance lorsqu’il y a allaitement. L’automédication à laquelle on recourait facilement jusqu’alors est à bannir et plus aucun médicament ne peut être pris, plus aucune crème ou pansement ne doit être apposé sur le corps sans vérifier avant sa totale innocuité pour le bébé à naître.

Automédication : Les cas de l’aspirine, de l’ibuprofène et du kétoprofène

L’aspirine et les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) sont des médicaments délivrés sans ordonnance et devenus d’usage courant notamment en automédication. Fièvre, rhumatismes ou douleurs lombaires, rhinite, otite, maux de tête et douleurs gynécologiques sont très souvent traités sans consultation par la prise d’un médicament à base ou contenant de l’aspirine ou un anti-inflammatoire non stéroïdien. En outre, de nombreux collyres, gels et crèmes contiennent une proportion de ces substances tout comme certains pansements cutanés apparemment anodins.

A partir du 6ème mois de grossesse, ces AINS (Anti-inflammatoires non stéroïdiens) et l’aspirine sont à exclure totalement quelle que soit la forme de prise (cachet, pastille, gel, crème, pommade…) et sans minimum de prise possible. Les risques pour le bébé à naître sont énormes voire souvent létaux notamment par insuffisance cardiaque et/ou insuffisance rénale sévère.

Bon à savoir : Une partie de la liste (non exhaustive) des médicaments du kétoprofène ou de l’ibuprofène : Advil, Algifène, Anadvil, Anadvil rhume, Antarène, Cliptol, Doctril, Ergix douleur et fièvre, Expanfen, Gélufène, Hémagène Tailleur, Ibualgic, Ibuprofène, Ibutop, Intralgis, Nureflex, Nurofen, Rhinadvil, Rhinathiol rhume, Rhinureflex, Solufen, Spedifen, Syntofène, Tiburon, Toprec, Upfen, Vicks Rhume…Source Afssaps

Autres médicaments plus spécifiques

Beaucoup d’autres médicaments délivrés ou non sur ordonnance sont à éviter ou à proscrire durant la grossesse avec comme toujours des risques plus ou moins importants sur l’embryon, le fœtus ou le bébé en fonction de l’avancée de la grossesse comptée en mois ou en semaines d’aménorrhée (absence de règles).

Les traitements de l’acné à base d’isotrétinoïne sont particulièrement surveillés pour toutes les femmes en âge de procréer et il leur est rappelé sur leur carnet de santé patiente la nécessité d’une contraception efficace. D’autres plus anodins comme les substituts utilisés pour le sevrage tabagique (patch, gomme à mâcher…), ou plus spécifiques comme les traitements contre la dépression et l’épilepsie ou contre le VIH, l’hépatite B et les rejets de greffe font l’objet d’une information particulière reprise sur ce document de pharmacovigilance de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ASM).

Grossesse, allaitement et médicaments, la règle absolue à respecter

Outre ces informations et mises en garde, aucune femme soupçonnant une grossesse ou se sachant enceinte ne doit prendre un médicament sous quelque forme que ce soit, délivré ou non sur ordonnance, sans l’avis de son médecin (préalablement informé de la grossesse soupçonnée ou déclarée). En cas de doute, le pharmacien peut être interrogé avec comme premier indice le logo figurant sur l’emballage du médicament mais avec pour la prise de décision, la lecture complète de la fiche posologique et éventuellement la consultation des données connues.

Bon à savoir : Dès à présent, n’hésitez pas à ouvrir votre sac et votre armoire à pharmacie pour répertorier les médicaments, crèmes, pommades, gels et autres à séparer des produits utilisables durant votre grossesse ou pendant la période d’allaitement. Utilisez la recherche alphabétique du CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes) pour en savoir davantage sur les contre-indications durant la grossesse et/ou l’allaitement, produit par produit.

Brigitte C.M

Partager.